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L’épave du navire du Capitaine Cook a-t-elle été retrouvée en Australie ?

L’épave du navire du Capitaine Cook a-t-elle été retrouvée en Australie ?

Des chercheurs australiens affirment avoir identifié l’épave du navire de James Cook… et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela ne fait pas plaisir à leurs homologues américains.

Hier, France Info relayait les découvertes d’un groupe de chercheurs australiens qui revendiquent une trouvaille saisissante; ils affirment en effet avoir mis la main sur l’épave de l’Endeavour, le navire du légendaire capitaine James Cook.

Cet explorateur anglais de renom est une figure incontournable du folklore maritime à l’héritage colossal. Il est passé à la postérité pour ses expéditions mémorables; il s’est notamment illustré au travers de trois expéditions grandioses dans l’océan Pacifique. L’homme entretenait notamment un rapport tout particulier avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Il a visité les deux iles lors de sa première expédition à bord de l’Endeavour, entre 1768 et 1771.

Il a cependant utilisé d’autres navires pour ses autres voyages; au terme de ce voyage épique, la fière embarcation a donc retrouvé le quotidien morose de la marine marchande avant de sombrer dans l’oubli. Ce n’est qu’en 1775, début de la révolution américaine, qu’on retrouve sa trace près de Rhode Island; désormais reconverti en navire de transport de troupes, il finit par être délibérément sabordé quelques années plus tard dans le cadre d’un blocus de la baie de Narragansett.

Un vestige symbolique très convoité

Malgré ces informations, son épave n’a jamais été localisée. Aujourd’hui, certains chercheurs et océanographes ont placé l’HMS Endeavour au centre de leurs priorités. Depuis la fin des années 1990, des équipes de chercheurs anglais et américains passent la zone au peigne fin; ils espèrent y retrouver ce joyau symbolique de la marine anglaise, mais aussi de la révolution américaine.

Et après des années passées à ausculter diverses épaves du XVIIIe siècle, le directeur du Musée maritime national australien Kevin Sumption a annoncé l’identification de l’épave tant recherchée. “Sur la base des archives et des preuves archéologiques, je suis convaincu qu’il s’agit de l’Endeavour” a-t-il affirmé jeudi 3 février.

Mais c’était sans compter l’intervention de leurs homologues américains, qui ne l’entendent pas tout à fait de cette oreille. Car ce n’est un secret pour personne, la guerre d’indépendance qui a secoué le pays entre 1775 et 1783 est un épisode infiniment complexe de l’héritage américain. Cette période chargée de symbolique attise encore les passions, et nos amis d’outre-Atlantique ont la réputation d’être très chatouilleux dès qu’une autre nation tire des conclusions qui touchent de près ou de (très) loin à l’Histoire du pays.

HMS Endeavour – Peinture de Samuel Atkins. © National Library of Australia

Un feuilleton qui pourrait durer

Ni une, ni deux, les équipes américaines du Rhode Island Marine Archaeology Project (RIMAP), sont montées au créneau. Apparemment vexée d’avoir été prise de vitesse par un autre pays sur cet élément iconique du folklore américain, l’institution a immédiatement rejeté les conclusions des chercheurs australiens et invoqué une “rupture de contrat”.

Elle s’est fendue d’un communiqué acerbe et même un brin rancunier repéré par France Info. Sa directrice DK Abbass y estime qu’il s’agit d’une déclaration précipitée et fragile d’un point de vue scientifique. “Les conclusions seront fondées sur un processus scientifique approprié et non sur les émotions ou la politique australiennes”, tonne-t-elle. Le message est clair : du point de vue américain, les conclusions des chercheurs australiennes n’ont aucune valeur, l’Endeavor n’a toujours pas été formellement identifié, et le travail continue.

Le versant australien, en revanche, campe sur ses positions avec opiniâtreté. France Info rapporte la position du Musée maritime national australien, dont le porte-parole estime que DK Abbass a “le droit d’avoir sa propre opinion” sur la “grande quantité de preuves” accumulées.

L’aspect contractuel invoqué par les Américains suggère que le RIMAP pourrait même intenter une action en justice aux chercheurs australiens. Il sera donc très intéressant de suivre ce feuilleton politico-scientifique pour savoir si les protagonistes finiront par trouver un terrain d’entente.


Source link Journal du Geek

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